B3 – Esthétique comparée

Responsable: Christine BARON

L’équipe « Esthétiques Comparées » est une équipe pluridisciplinaire regroupant des chercheurs de l’Université de Poitiers et de l’Ecole Européenne Supérieure de l’Image. Depuis sa création en 2003, l’équipe associe des spécialistes d’arts du spectacle (cinéma, théâtre), de littérature (littérature générale et comparée, littératures étrangères) et d’arts de l’image (bande dessinée, arts et textualités numériques).

La perspective de cette équipe est ouvertement pluridisciplinaire, dans la mesure où elle associe et compare différentes formes artistiques, mais aussi dans la mesure où elle confronte les arts et les sciences humaines (philosophie, histoire, sociologie, droit, économie) dans une perspective épistémocritique et politique. Elle entend favoriser l’examen des interactions entre les différentes formes d’art ainsi que l’analyse des transmodalités qui permettent que circulent d’une expression artistique à une autre, tels figure, motif ou structure formelle. Les recherches de l’équipe B3 s’organisent, depuis 2011, principalement autour de trois pôles de recherche, en lien étroit avec les spécialités de master « Littératures et politique », « Littérature et cultures de l’image » et « Bande dessinée » :

  • Un pôle histoire, politique et sociétés dans les arts
  • Un pôle media: cinéma, arts de l’image, arts de la scène, bande dessinée, arts et textualités numériques
  • Un pôle épistémè et pensée critique

L’équipe B3 travaille en partenariat avec d’autres équipes de recherche, en France et à l’étranger.

Les partenariats développés concernent notamment dans le domaine international le groupe « Figura » (actions communes autour des représentations de la violence, des littératures et cinéma de genre, de imaginaire de la projection cinématographique), et le groupe « NT2 » (textualités numériques), deux laboratoires de l’UQAM avec lesquels ont été mis en place plusieurs co-tutelles et postdoctorats. Plusieurs actions sont également en cours avec l’Université de Sao Paulo (estrangement, cinéma).

Au niveau national, le partenariat avec l’Ecole Européenne Supérieure de l’Image a été renforcé de l’apport de plusieurs thèses en bande dessinée et textualités numériques financées par l’ENS ou par des contrats doctoraux.

En cinéma, de nombreuses actions ont été réalisées avec le concours de l’IRCAV (Paris III) et un partenariat est en cours avec l’Université de Sao Paulo.

 

Programme scientifique 2018-2022

L’EXPÉRIENCE : SAVOIRS, VÉCUS, TRAUMAS

La littérature, les arts de l’image et de la scène, les arts et textualités numériques nous ouvrent des expériences de pensée au sens où Jean-Pierre Cometti les décrit à propos de L’homme sans qualités : ils mettent « à l’épreuve des croyances, des discours, des représentations » ; ils élaborent des hypothèses et des fictions qui permettent d’« observer le comportement d’un élément dans des conditions que l’on pose » et de les faire varier suivant différents points de vue ; ils projettent et imaginent des mondes possibles, ou d’autres manières possibles d’habiter le monde ; ils réfléchissent le fonctionnement de l’appareil psychique, notamment dans le cadre de l’expérience esthétique.

L’équipe B3 se propose ainsi, de 2018 à 2022, de travailler dans une perspective interdisciplinaire et intermédiale sur la notion d’expérience, qu’elle soit subjective, scientifique, technique, politique, ou esthétique (ou tout cela en même temps). L’expérience sera envisagée dans sa dualité constitutive d’événement extérieur qui perturbe, détruit ou déconstruit une situation antérieure (Erlebnis), ou comme acte aventureux par lequel notre rapport au monde s’élabore et se reconfigure (Experiment). On essaiera de la saisir tant dans sa dimension radicalement singulière, celle du fonctionnement psychique et des événements mémorables ou refoulés qui construisent une subjectivité, que comme point de contact entre des individus (expériences communes, mémoire partagée, Erfahrung), des disciplines (comparabilité des modes d’expérimentation) et du vécu (expérience ordinaire, traumatique, esthétique).

Notre programme de recherche se déclinera en trois axes :

1. Expérience et construction de la connaissance

Cet axe comprendra une réflexion sur la fonctionnalité de l’expérience, voire son échec et ce qu’il nous enseigne. En dialogue avec des juristes, sociologues et neuroscientifiques, nous réfléchirons à la manière dont sciences et arts travaillent avec des expériences de pensée.

  • Connaissance et reconnaissance : modèles cognitifs et expériences critiques

On fera l’hypothèse que la littérature et les arts offrent des processus de reconnaissance et de confirmation d’intuitions, et constituent ainsi une connaissance au second degré, par rapport à des savoirs constitués dans d’autres champs, et par rapport à des données empiriques individuelles.

  • La temporalité de l’expérience : mises en récit et formes non narratives

Sortant du modèle de la temporalité synthétique et téléologique de Ricœur, nous essaierons d’explorer la façon dont certaines expériences questionnent la capacité du récit à ordonner (ou à déconstruire) le temps.

  • Expériences virtuelles

Les textualités numériques, les arts vidéo interactifs ou les systèmes en réseau proposent de nouvelles formes d’immersion fictionnelle et d’élaboration des expériences de pensée.

 2. L’expérience « appareillée » du spectateur

Au-delà de la « technologie freudienne » (Déotte), nous aborderons à nouveaux frais les rapports entre dispositifs spectaculaires et psychischer Apparat, afin d’envisager certaines composantes de l’expérience spectatorielle. Nous nous concentrerons sur les hybridations scènes/écrans et les spécificités du numérique, en opérant trois déplacements :

  • de l’histoire à l’épistémologie, pour articuler une double variabilité : celle des conceptions des systèmes psychiques et leurs modèles techniques optiques et sonores, et celle des dispositifs du cinéma (caméras et discours), de Freud et Lacan à Benjamin, Lyotard, Deleuze et Guattari…
  • du « travail du film » (Kuntzel) au travail de l’appareil (Huyghe), soit l’impact perceptif et psychique de ce que seul l’appareil cinémato-graphique peut voir ou entendre, sa capacité spécifique à faire apparaître l’image et émerger le son, avec l’émotion et la pensée, mais aussi les soumettre à la répétition ad libitum de l’enregistrement
  • de la psychanalyse à l’anthropologie visuelle. Nous étudierons les formes à l’intersection d’un appareil de captation (visible et audible) et d’un appareil qui s’y expose et s’en défend, tant ce donné est potentiellement traumatique.

3. Expériences vécues, mondes communs 

Nous réfléchirons aux différents modes d’appréhension de l’expérience vécue, en essayant d’écarter autant les formes classiques du récit de vie (biographie, autobiographie, fiction biographique, mémoires) que les présupposés qui les accompagnent régulièrement (la centralité de l’expérience humaine, la primauté du récit, l’incapacité des sciences sociales à représenter l’expérience vécue).

  • Raconter le vivant : la valeur de la vie

On s’intéressera ici à la façon dont la saisie de l’expérience donne de la valeur à ce qui reste, autrement, négligeable : raconter le vivant plutôt que la vie humaine, privilégier l’instabilité infinie de l’expérience singulière.

  • Mondes vécus : expérience limite et mondes communs

Comment s’articule la saisie d’expériences traumatiques, nécessairement extraordinaires, et le partage des expériences ordinaires qui fondent le sentiment et la possibilité d’une communauté politique.

  • Partage des expériences et constructions de la communauté

Nous nous intéresserons ici plus spécifiquement aux conditions concrètes du partage des expériences : en quoi les cadres sociaux et juridiques formatent-ils la construction de certains récits (comme le récit du demandeur d’asile) ? En quoi les textualités numériques fondent-elles de nouveaux modes de circulation et de partage des expériences ?

 

L’équipe comporte quatre professeurs dont un professeur émérite, onze maîtres de conférences, des enseignants associés (PAST) et de nombreux jeunes docteurs et doctorants ayant une thèse en cours, financée par un contrat doctoral à l’Université de Poitiers ou exerçant dans d’autres institutions mais rattachés au FoReLL :

Membres à titre principal Membres associés Doctorants
ADHAM, Leila (MCF)
BARON, Christine (PR)
BARTHÉLÉMY, Lambert (MCF)
CAMPAN, Véronique (MCF)
DESHOULIÈRES, Christophe (MCF HDR)
DÉTUE, Frédérik (MCF)
FAYNER, Thibault (MCF)
FERREIRA, Francisco (MCF)
GUÉTIN, Marie-Laure (MCF)
GUIDÉE, Raphaëlle (MCF)
MARTIN, Marie (MCF)
MELLIER, Denis (PR)
MÉNÉGALDO, Gilles (PR émérite)
MOINEREAU, Laurence (MCF)
RASS, Martin (MCF)
ROLLET, Sylvie (PR)
VASILEIOU, Athanasios (MCF)
REITER, Helmuth (PAST)
SMOLDEREN, Thierry (École Européenne Supérieure de l’Image)
BARDELLOTTO, Daria (dir. Christine Baron)
CABOCHE, Elsa  (dir. Denis Mellier)
CAMPAGNA, Julien (dir. Denis Mellier)
CAZABAN-MAZEROLLES, Marie (dir. Christine Baron)
DHIF, Maher (dir. Denis Mellier)
JACQUELIN, Alice (dir. Denis Mellier)
KLEIN, Paula (dir. Christine Baron)
LAGRANGE, Victoria (dir. Denis Mellier)
LEJEUNE, Marion (dir. Denis Mellier)
LETOULAT, Alice (dir. Sylvie Rollet)
LORENZ, Désirée (dir. Denis Mellier)
MARSIT, Abir (dir. Denis Mellier)
MOZO, Borja (dir. Christine Baron)
NEAU, Jessy (dir. Denis Mellier)
SOM Witakania Sundasari (dir. Christine Baron)
TEYSSONNEYRE, Sabine (dir. Denis Mellier)
TOPOREK, Alexandra (dir. Denis Mellier)

 

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